Les prix vont de 300 à 8 000 euros pour ce qui ressemble au même produit. Voici ce qui se cache derrière chaque fourchette, et comment savoir laquelle vous concerne.
Pourquoi les devis vont de 300 à 8 000 euros
Vous demandez trois devis pour un site vitrine, vous recevez 490 euros, 2 200 euros et 6 000 euros. Le réflexe est de penser que quelqu'un exagère. En réalité, les trois vendent des choses différentes sous le même nom.
Un site n'est pas un produit standardisé comme un ordinateur portable. Le mot « site internet » recouvre aussi bien un gabarit rempli en deux heures qu'un développement de trois semaines. La question utile n'est donc pas « combien ça coûte » mais « qu'est-ce que je reçois exactement ».
En dessous de 800 euros : un gabarit rempli
À ce niveau, le prestataire achète un thème sur une place de marché, remplace le texte et les photos, et livre. Le travail réel représente quelques heures.
Ce n'est pas malhonnête en soi, et pour certaines activités ça suffit. Mais il faut savoir ce que ça implique : votre site ressemblera à des centaines d'autres, vous n'aurez aucune main sur la structure, et le référencement local sera au mieux générique. Vous auriez souvent pu obtenir le même résultat vous-même avec un constructeur en ligne, pour le prix de l'abonnement.
Le vrai risque est ailleurs : quand vous voudrez modifier quelque chose d'un peu structurant dans deux ans, personne ne saura reprendre l'assemblage d'extensions installé à la va-vite.
Entre 1 200 et 4 000 euros : un site conçu pour vous
C'est la zone où se situe la majorité des sites d'artisans corrects. Le prestataire part de votre métier, de vos prestations et de vos communes d'intervention, et construit autour.
Ce que vous devez y trouver, et qu'il faut exiger si ce n'est pas écrit :
- Un design fait pour votre activité, pas un thème acheté
- Une section par prestation, avec les mots que vos clients emploient
- Un affichage correct sur téléphone, testé, pas juste « responsive »
- Le référencement local : balisage, données de localisation, fiche Google reliée
- Un formulaire qui arrive dans votre boîte mail, pas dans un espace à consulter
- Une formation pour changer vos textes et vos horaires vous-même
- Le nom de domaine à votre nom, pas à celui du prestataire
Ce dernier point mérite qu'on s'y arrête. Il arrive régulièrement qu'un artisan découvre, en voulant changer de prestataire, que le domaine est enregistré au nom de l'agence. Vérifiez-le avant de signer, pas après.
Au-delà de 5 000 euros : autre chose qu'un site vitrine
À ce niveau, on ne vend plus un site vitrine mais un outil : espace client avec suivi de chantier, devis en ligne calculés automatiquement, planning partagé avec les équipes, raccordement à un logiciel de gestion.
Ces montants se justifient quand le besoin est réel. Ils ne se justifient pas pour cinq pages de présentation. Si un devis dépasse 5 000 euros pour un site vitrine, demandez le détail poste par poste : vous verrez vite si la différence tient à du travail ou à de la marge.
Le poste que tout le monde oublie : les contenus
La majorité des projets qui prennent du retard ne bloquent pas sur le développement. Ils bloquent parce que les textes et les photos n'arrivent jamais.
Écrire la présentation de son métier est plus difficile qu'il n'y paraît, surtout après une journée de chantier. Si vous savez que vous n'aurez ni le temps ni l'envie, dites-le dès le devis et faites chiffrer la rédaction. Cela coûte quelques centaines d'euros et évite un projet qui traîne six mois.
Pour les photos, le téléphone récent suffit dans la plupart des cas, à condition de photographier des chantiers finis et propres, en lumière du jour. Une galerie de vraies réalisations vaut mieux qu'une banque d'images, y compris pour la confiance du visiteur.
Payer en une fois ou étaler
Sortir 1 500 euros d'un coup au démarrage d'une activité n'est pas toujours possible. De plus en plus de prestataires proposent une formule mensuelle qui inclut l'hébergement, les sauvegardes et un quota de modifications.
Les deux formules se valent, elles répondent à des situations différentes. L'achat coûte moins cher sur la durée et vous rend propriétaire tout de suite. L'abonnement lisse la dépense et couvre l'entretien, mais vérifiez deux choses avant de signer : ce qui se passe à la fin de l'engagement, et à quel prix vous pouvez racheter le site.
Fuyez les abonnements sans clause de sortie. Si personne ne veut vous dire ce qu'il advient du site au bout de deux ans, c'est qu'il n'est pas prévu qu'il vous revienne.
Ce qu'il faut retenir
Le prix seul ne dit rien. Un devis à 490 euros et un devis à 2 500 euros peuvent tous les deux être honnêtes, ils ne vendent simplement pas la même chose.
Demandez systématiquement trois éléments : à qui appartient le nom de domaine, ce qui est prévu pour le référencement local, et ce que vous pouvez modifier vous-même après la livraison. Les réponses à ces trois questions vous en apprendront plus que la comparaison des montants.
Questions fréquentes
Un artisan a-t-il vraiment besoin d'un site ?
Si votre carnet est plein par le bouche-à-oreille, pas dans l'immédiat. Le site devient utile quand il faut remplir le carnet, ou quand vous voulez choisir vos chantiers plutôt que de prendre ce qui vient. Une fiche Google seule capte déjà des appels, mais elle ne dit rien de la qualité de votre travail.
Combien de temps faut-il pour créer un site d'artisan ?
Une semaine de travail effectif pour un site vitrine, à condition que les contenus soient prêts. Dans les faits, le délai réel dépend surtout de la vitesse à laquelle vous réunissez textes et photos.
Faut-il payer un abonnement de référencement chaque mois ?
Pas pour un artisan local. Le référencement local se joue sur la structure du site, la cohérence de vos coordonnées et votre fiche Google. C'est un travail à faire correctement une fois, pas une prestation mensuelle. Méfiez-vous des offres de « suivi SEO » à 200 euros par mois sans livrable précis.

